La plainte de Karim Wade en France est un « couteau à double tranchant »…Sa seule option est la grâce de Macky

L’article 28 de la Constitution du Sénégal du 7 février 2001 stipule : «Tout candidat à la Présidence de la République doit être exclusivement de nationalité sénégalaise, jouir de ses droits civils et politiques, être âgé de 35 ans au moins le jour du scrutin. Il doit savoir écrire, lire et parler couramment la langue officielle». Dans les 15 propositions de projet de réforme constitutionnelle, faites par le chef de l’Etat, Macky Sall, il y a juste le plafonnage de l’âge des candidats, à savoir les 75 ans au plus le jour du scrutin, qui y a été ajouté. L’adverse «exclusivement» écarte d’emblée, les candidats ayant la double nationalité. Ce qui semble être le cas pour Karim Wade dont les avocats viennent de porter plainte devant le Tribunal de la Grande Instance de Paris, en raison de la nationalité française du fils d’Abdoulaye Wade, pourtant retenu comme candidat du Pds, à la présidentielle prochaine.

Pour un éclairage sur la question, nos confrères de de Sud Quotidien ont recueilli les explications d’un professeur juriste à l’Ucad. Pour le constitutionnaliste, qui a préféré garder l’anonymat, cette option du Pds «est un couteau à double tranchant». Tout d’abord, il fait remarquer que par cette voie, les avocats du fils de Wade montrent clairement qu’ils n’ont pas confiance à la justice sénégalaise. Pour l’autre aspect, le professeur fait voir qu’en utilisant cet argument, le candidat du Pds s’expose à la critique de ses adversaires politiques et des Sénégalais, qui auront un autre regard sur sa personne, à savoir «un français qui compte diriger le pays».

Cependant, le juriste a fait savoir que juridiquement, l’affaire Karim Wade est close au Sénégal, dans la mesure où la Crei a condamné le mis en cause, qui a tout de même fait appel, avant que la Cour suprême ne confirme le précédent verdict. Pour ces raisons, il a trouvé qu’il ne reste que l’option politique à ‘’Wade Fils’’. Ainsi donc, le professeur informe que Karim Wade sera tenu de renier sa nationalité française, s’il tient toujours à se présenter comme le candidat du Pds. L’autre option, qui peut paraître périlleuse pour lui, c’est de demander une Grâce présidentielle, ce qui montrerait qu’il a accepté ce qui lui est reproché. Cependant, il convient de noter que le fils d’Abdoulaye Wade a longtemps écarté cette piste.