Khalifa Sall, c’est un cas intéressant et Macky doit le prendre au sérieux…Il est de plus en plus connu et apprécié

Boubacar Boris Diop, écrivain et ancien Dirpub du quotidien le Matin, donne son avis sur l’ascension fulgurante du maire de Dakar, Khalifa Sall dans un entretien accordé à nos confrère de Seneplus.com…Selon l’auteur de l’Ouvrage « Le Cavalier et son ombre paru en 1997 et qui a reçu le Prix Tropiques, Macky Sall doit prendre Khalifa Sall très au sérieux…Extrait
« Khalifa Sall, c’est un cas intéressant, que devraient méditer nos hommes politiques. Il doit une grande partie de sa popularité aux risques qu’il a pris en tant que maire de Dakar. Il n’a pas résolu tous les problèmes de sa ville, loin s’en faut, mais tout le monde a été témoin de sa volonté de réussir. Il n’a pas tenu compte des menaces des uns et des autres, des appels à la prudence de ceux qui jugeaient ses initiatives suicidaires. Il a déclaré en une occasion au moins qu’il ne se souciait pas d’être réélu ou non et qu’un éventuel second mandat ne l’empêcherait d’agir selon ses convictions. Tout cela lui vaut du respect et d’une certaine façon, plus son parti reste silencieux à son sujet, plus il est perçu comme un politicien atypique ou même comme un « indépendant », ce qui est un comble quand on connaît son parcours au sein du PS. Ferait-il un bon président ? Ça, c’est une autre histoire. Il est normal que Macky Sall le prenne très au sérieux.
À vrai dire, je n’en sais rien, je n’ai aucune idée du moment où le PS devrait quitter le gouvernement. Mais s’il le fait, ce sera un véritable tremblement de terre et tous les schémas vont s’en trouver bouleversés. Et si Tanor choisit comme Niasse d’offrir son parti en cadeau à Macky Sall, on peut s’attendre à une dissidence majeure au PS. Sans appareil pour porter son éventuelle candidature, Khalifa Sall pourrait être sérieusement pénalisé en 2017 mais ce sera au moins l’occasion de prendre date car en 2022 il n’aura que soixante-six ans, ce qui n’est pas trop vieux.
Pour le moment, on peut dire qu’il est de plus en plus connu et apprécié parmi les couches urbaines, parmi ceux qui lisent les journaux et surfent sur le Net. Il a travaillé ou travaille encore avec des figures emblématiques, très respectées, du monde intellectuel et cela lui vaut un préjugé favorable parmi les hommes de culture. C’est mon cas. Je sais aussi que la diaspora l’apprécie, il était il y a quelques semaines à Montréal et de l’avis de nombreux compatriotes là-bas, son message est bien passé. Mais sans aller jusqu’à dire qu’il reste un politicien local, on peut se poser des questions sur sa réelle envergure nationale. Celle-ci ne peut lui être apportée à brève échéance que par le soutien résolu de son parti qui a une assez bonne implantation. Ça ne semble pas gagné d’avance… Il y a là au moins un gros point d’interrogation. »

1 Comment

  1. khalifa Sall peut être un bon président. Il est équilibré. Mais je pense qu’il a besoin du soutien de Wade si le candidat des libéraux n’est pas présent au second tour. Toutefois, il doit se dévoiler au plus tard à la fin du premier semestre 2016.

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