Karim et son père ont piégé le PDS…Une candidature non conforme

Le journaliste analyste politique, Momar Ndiongue estime, en effet, que le jeu politique est hypothéqué par le PDS et ses excroissances, non sans indiquer que le cas Karim Wade a piégé et le PDS et le FPDR.

Il répond aux question du journal sud Quotidien

Depuis la libération de Karim Wade par grâce présidentielle, on a l’impression que le Parti démocratique a eu peu mis de l’eau dans son vin. Cela nous amène à se demander, est ce que le cas Karim Wade ne posera pas de problème au PDS pour les prochaines élections législatives ?

Je pense que le PDS et ses excroissances ont piégé le jeu politique au Sénégal. Quand Wade est venu au pouvoir en 2000, il avait 58,49% des voix. Et aussitôt, il s’est posé le jeu de la succession de Wade au pouvoir. Vous vous souvenez qu’Idrissa Seck était en très bonne position en tant que directeur de campagne de Wade en 2000, en tant que numéro 2 du PDS, et en tant que ministre d’Etat, directeur de cabinet du président de la République. Donc, il était au centre du dispositif du PDS à l’époque. Il se considérait à un moment donné, quand il a commencé sa disgrâce, qu’il était qu’un fils d’emprunt et il a été supplanté par le fils biologique qui se trouve être Karim Wade. Voila ce qui a amené à la chute d’Idy en 2004 et Wade n’osant pas mettre Karim en pôle position aussitôt, a fait appel à Macky Sall pour remplacer Idy et au poste du Premier ministre, et au poste de numéro 2. Finalement, on connait la suite.

En 2008, il y a eu Macky Sall qui est tombé en disgrâce, pour avoir osé demander, par le biais de l’Assemblée nationale, l’audition de Karim Wade par la Commission des finances. Il y a eu la loi Sada Ndiaye et il a préféré démissionné du PDS, pour créer l’Apr qui est une excroissance du PDS, tout comme le Rewmi d’Idrissa Seck. C’est ce jeu à quatre qui s’est poursuivi jusque dans les péripéties de l’arrestation et de la libération de Karim Wade. Il y a Abdoulaye Wade, comme père spirituel, Idrissa Seck, comme fils d’emprunt, le premier a tombé en disgrâce, Macky Sall, qui a été le fils de substitution, mais qui a réussi à arracher le pouvoir à Abdoulaye Wade et à mettre le fils biologique en prison.

Depuis donc 16 ans, c’est-à-dire 2000, c’est la famille libérale, dans son ensemble, c’est-à-dire le PDS et les partis qui sont issus de ses flancs, qui contrôlent le jeu politique et qui occupent l’espace politique. Tous les autres ont démissionné, y compris les socialistes, les socio-démocrates de l’Afp, les marxistes, léninistes, gauchistes, etc. Vous y ajouterez à ces 4, d’autres excroissances comme par exemple le parti de Fada, de Souleymane Ndéné Ndiaye, celui d’Alioune Sow. Vous remarquerez que ces 3 se sont rassemblés pour créer l’Entente des forces de l’opposition, pour faire contrepoids au PDS.

Pour parler du cas du Karim Wade par rapport au PDS, je pense que cette manœuvre politique à l’époque pour Wade, est de mettre la pression sur la Crei et sur Macky Sall, parce que Karim Wade avait été fait candidat à la veille du verdict de la Crei. Il voulait tout simplement jouer ce pion politique pour que la Crei et Macky Sall hésitent à condamner le candidat du principal candidat de l’opposition. Mais, en réalité, au niveau du PDS, il n’y a jusque là que des Wadistes et des suivistes. Ce que j’appelle des suivistes, ce sont les responsables qui ne font que suivre le mouvement et à un moment donné, le mouvement était qu’il fallait que le parti se mobilise autour de la libération de Karim Wade. Mais, il n’y a pas au sein de la direction du PDS actuel, des karimistes convaincus. C’est la base qui y croit, c’est les groupes de sympathie qui y croient, mais ce n’est pas le PDS qui croit résolument à la candidature de Karim Wade. Donc, même le PDS est piégé par le cas Karim Wade, à présent.