Karim est enfin libre…Mais sa carrière politique est fichue…

Investi candidat du Pds pour la Présidentielle de 2019 depuis la prison, Karim Wade va tenter de tracer son chemin en politique. Son unanimité au sein du Pds et les conditions de sa libération, qui ressemblent à un deal, paraissent comme des écueils pour lui. En attendant, il entend jouer à fond la carte de la victimisation.

Élargi de prison, Karim Wade est aujourd’hui à un tournant de sa carrière politique. Investi candidat du Parti démocratique sénégalais, à la Présidentielle de 2019, le 21 mars 2015, soit deux jours avant le verdict de la Crei le condamnant à 6 ans de prison ferme et 138 milliards de francs Cfa d’amende, il est très attendu dans un milieu où il n’a jusque-là jamais convaincu. Aujourd’hui, Wade-fils aura la lourde mission de fédérer les forces du Pds, minées par une vague de départs après la perte du pouvoir en 2012 (Baldé, Ndéné, Pape Diop, Fada,…) Sa mission ne sera pas une mince affaire car son investiture rassemblait plutôt à une forme de pression sur la Crei plutôt qu’une unité autour de lui. 
Karim Wade traîne toujours comme un boulet sa débâcle lors des Locales du 22 mars 2009. Aujourd’hui, il espère user de la carte de la victimisation ou du «martyr» du régime de Macky Sall. Ce dernier a joué sur ce terrain pour, en partie, battre Abdoulaye Wade. «Karim a acquis sa légitimité en prison. Les Sénégalais l’ont aimé en prison. Il a gagné leur sympathie en prison parce que les Sénégalais savent qu’il n’a rien fait et que c’est un prisonnier politique de Macky Sall», déclarait Babacar Gaye, porte-parole du Pds, le 21 mars 2015 lors de l’investiture de Wade-fils comme candidat. En clair, l’ancien ministre voudra user de la formule : «La prison est un raccourci vers le Palais.»
Cependant, les conditions de sa libération pourraient lui jouer un vilain tour dans sa conquête des cœurs des Sénégalais. Son départ illico presto pour le Qatar sonne comme un parfum de deal entre Macky, Wade et ses amis de Doha. Et cela ne fait pas bonne opinion pour lui. Tout comme pour le Président Sall. Idrissa Seck a connu une chute avec l’histoire du «protocole de Rebeuss» et ses va-et-vient au Palais en 2007. D’ailleurs, certains partisans de Wade-fils ont manifesté leur colère pour n’avoir pas vu leur mentor après sa sortie de prison. Et peut-être qu’il en a perdu certains…