Interview l’Express.fr…Macky revient sur une possible extradition de Toumani Touré et le procès Gbagbo

L’Interview du Président Macky Sall a été réalisé Par Vincent HUGEUX, journaliste à l’Express.fr et publié le 26/01/2016 à 10:44, mis à jour le 27/01/2016 à 14:53
Interview l’express…Toumani Touré, Gbagbo, la CPI
Que ferez-vous si la justice malienne demande l’extradition de l’ancien président Amadou Toumani Touré, établi à Dakar depuis son éviction du pouvoir?
Je préfère gérer le réel. Attendons que la question se pose. Il m’est difficile de parler d’un pays voisin, ami et parent comme le Mali. Nos deux nations sont tellement liées par l’Histoire que nous partageons la même devise – « Un peuple, un but, une foi » – et quasiment le même drapeau. Cela dit, le Sénégal cultive une tradition d’accueil et d’hospitalité connue de tous. Et ça, ça ne peut pas changer.
Dans quelques jours s’ouvre à La Haye, siège de la Cour pénale internationale [CPI], le procès de l’ex-président ivoirien Laurent Gbagbo. Partagez-vous les griefs de l’intelligentsia africaine, qui accuse la CPI de rendre une « justice de Blancs »?
Ce sentiment existe. Je l’ai dit sur place lorsqu’on m’a invité pour le 10e anniversaire de la Cour: celle-ci ne doit pas apparaître comme une juridiction qui ne juge que des Africains; il lui faut regarder aussi ailleurs et faire l’effort de diversifier ses dossiers. Gardons-nous pour autant de l’affaiblir. Le Sénégal vit ce paradoxe : premier Etat à avoir ratifié le traité de Rome [qui fonde et régit la CPI], il appartient à l’Union africaine, extrêmement critique envers La Haye.
Il faut avant tout éviter d’offrir aux Etats d’Afrique le prétexte de rompre avec la CPI. Si les 32 qui en font partie la quittent, c’est fini pour elle. Voilà pourquoi je plaide en faveur d’une représentation de la Cour pénale au sein de l’UA. Dans le cas de Laurent Gbagbo, c’est la Côte d’Ivoire qui a saisi la CPI. Dès lors, celle-ci peut statuer.