Enfin une structure qui va faire des heureux…Sory Kaba ouvre à Milan le Bureau d’Appui aux Sénégalais de l’Extérieur

L’Ambassadeur Directeur général des Sénégalais de l’Extérieur Monsieur Sory Fantamady Kaba vient de séjourner en Italie, notamment à Rome et Milan où il est prévu l’ouverture du Bureau d’Appui aux Sénégalais de l’Extérieur (B.A.S.E.) qui sera le bureau test qui va servir de relais aux Bureaux d’Appui et d’Orientation des Sénégalais de l’Extérieur (B.A.O.S.) implantés à l’aéroport Léopold Sédar Senghor et différentes régions du Sénégal. Sur place il a rencontré les Associations sénégalaises dans la région de Lombardie, en présence du Consul général du Sénégal à Milan, du chef de Bureau économique, des Consuls honoraires de Gênes et Turin et de représentants de l’A.N.I.D.A. et du Ministère de l’Environnement.
A la fin de la rencontre, il s’est confié à la presse.
– Monsieur l’Ambassadeur, pourquoi avez-vous l’intention d’ouvrir ce bureau à Milan ?
Dans la politique de promotion des Sénégalais de l’Extérieur, des Bureaux d’Appui et d’Orientation des Sénégalais de l’Extérieur (B.A.O.S.)sont ouverts dans les régions du Sénégal. Dans cette perspective, le Gouvernement par le biais du Ministère des Affaires étrangères et des Sénégalais de l’Extérieur, compte ouvrir des relais à l’extérieur, notamment dans les pays où nos ressortissants sont les plus nombreux. La première expérience sera partagée en Italie, plus précisément à Milan. Avec la commune de cette ville, certains acteurs et Fondations qui sont dans la micro finance et l’ensemble des associations ont accepté l’initiative et vont apporter leur concours en matière d’appui institutionnel pour qu’on puisse l’ouvrir sans un sou de l’Etat, d’autant qu’il y a les Missions diplomatiques et consulaires sur place.
Ce bureau, sous forme de relais, va renforcer le dispositif institutionnel et prendre à bras le corps le volet promotionnel de l’investissement productif des Sénégalais de l’Extérieur à l’Etranger. L’Italie a une forte concentration de Sénégalais qui constituent 26 pour cent des 68 pour cent de Sénégalais présents au sein de l’O.C.D.E. Et ce sont aussi eux qui envoient 44 pour cent des flux financiers qui quittent cette organisation pour le Sénégal. Il faut aussi noter que 54 pour cent de l’Investissement agricole sénégalais au sein de l’O.C.D.E., partent également de l’Italie. Donc il y a de la matière à exploiter dans ce pays.
Ce qui fait que ce bureau va davantage influer sur l’indicateur du P.I.B., avec la contribution en son sein qui tourne autour de 10 pour cent, donc au même taux que l’agriculture. Combiner les Sénégalais de l’Extérieur avec l’agriculture va inévitablement donner un rayonnement en terme de contribution de ces Sénégalais, à la richesse nationale.
Aujourd’hui, il faut qu’ils occupent une chaine de valeur. Il y a la qualité et une quantité de production, mais le volet transformation et commercialisation posent problème. Donc ce bureau aura pour mission de pousser les Sénégalais à occuper une chaine de valeur dans le volet agricole au niveau du Sénégal.
– Vous parlez d’investissement dans des projets, alors que les Sénégalais expatriés sont plus préoccupés par l’obtention d’un toit et sont plus portés vers l’habitat. Est il possible de les convaincre à investir dans d’autres secteurs ?
C’est vrai que ce ne sera pas facile, parce que de prime abord, l’habitat constitue un gage de sécurité, donc une priorité. Mais dans la mise en œuvre de leur projet migratoire, ils ont trop intégré la dimension précarité, parce que quand tu vas à la recherche d’un bien-être et que tu l’as, tu ne sais pas quand tu vas le perdre si c’est le cas. Donc, c’est dans cette précarité qu’on doit s’inspirer des bonnes pratiques qui ont réussi ailleurs.
Je cite l’exemple des Philippines et du Maroc. Le Marocain de l’Extérieur, à son retour, cherche à renforcer et à rentabiliser l’activité familiale. C’est dans l’agriculture, l’élevage, l’industrie, la sidérurgie. Avec le bénéfice il peut maintenant construire et continuer en même temps ses activités. C’est une culture que nous devons inverser à mon avis, un partage d’expérience en créant les conditions incitatives à l’investissement pour que le climat de confiance entre les Sénégalais leur pays soit rétabli et qu’ils se sentent en confiance quand ils reviennent au Sénégal. Je pense que si ces défis sont relevés, on peut réussir le pari de l’investissement au Sénégal. Je l’ai expliqué avec ceux qui m’accompagnet, à nos compatriotes pour qu’il soient bien au fait de ce que nous voulons faire pour eux. C’est ce que le Président de la République Son Excellence Macky Sall veut, et vous savez bien l’importance de la place qu’occupe la Diaspora sénégalaise dans sa politque.
– Comment faire pour les convaincre et les accompagner ?
On va d’abord dématérialiser la démarche administrative, parce qu’aujourd’hui un Sénégalais de l’Extérieur qui veut investir au Sénégal, a tendance à venir directement et commencer les démarches administratives. Nous voulons maintenant pour le cas de l’Italie, que les démarches commencent ici et qu’une fois sur place que ça ne soit qu’une réalisation du projet en soi.
Pour en arriver là, nous allons mobiliser les Agences nationales concernées. L’Apix qui s’occupe des investissements, l’Adepme, le Fongip, qui crée un Fonds spécifique pour les Sénégalais de l’Extérieur, le Fonsis, la BNDE qui sont des instruments qui sont mis à disposition pour le financement du développement. Toutes ces Agences vont faciliter les démarches pour la création de projets et d’entreprises au Sénégal. Cette démarche de dématérialisation sera invraisemblablement un atout important pour impacter sur l’immigration des Sénégalais.

– Quand est ce que le Bureau devrait entre fonctionnel ?
Dans le chronogramme qu’on avait arrêté, il est prévu pour le mois de janvier prochain. Depuis huit mois, nous sommes dans des consultations avec les associations des Sénégalais de l’Extérieur. En juillet et en fin novembre, on a rencontré les associations à Rome et à Milan. On a aussi rencontré d’autres acteurs comme les Chambres de commerce, les Collectivités locales, les ONG, les partenaires au développement, l’O.I.M., pour que tous s’associent au projet pour sa mise en œuvre.
Nous avons leur accord de principe. Nous allons maintenant travailler dans le fond du dossier, notamment le cadre juridique dans lequel les différents partenaires vont essayer chacun en ce qui le concerne de prendre des engagements.
Nous sommes dans la dernière phase et nous pensons que d’ici janvier, nous allons l’installer et il faut préciser encore que nous voulons que ça se fasse sans un sou de l’Etat.