El Hadj Diouf accuse : « L’Assemblée nationale est une institution où il y a de l’esclavage…Personne ne sait où passe l’argent »

Me El Hadji Diouf s’est défoulé sur le président de l’Assemblée nationale, Moustapha Niasse qui, selon lui, gère de manière opaque l’institution parlementaire en refusant tout audit de la part des corps de contrôle de l’État. Pour l’avocat, le Parlement est le siège de l’injustice et de la discrimination :
« L’Assemblée nationale est une nébuleuse. Elle refuse toute inspection de l’Ige, de la Cour des comptes, l’Armp, etc. C’est le bordel à l’Assemblée. Pourtant, on n’a écrit nulle part qu’on ne doit pas auditer l’Assemblée nationale. Les dirigeants de l’Assemblée nationale trichent et ne veulent pas être contrôlés. C’est une violation de la loi. L’Assemblée nationale a tapé sur la table pour intimider les corps de contrôle. Pourtant, l’Autorité de régulation des marchés publics (Armp) avait tapé sur la table pour dire qu’elle n’a pas de zone interdite. Regardez mon bureau-là, on l’a remplacé par un autre bureau plus neuf. J’avais un bureau neuf, des fauteuils neufs, et on les a remplacés et je ne sais pas où ils les ont amenés. Pourquoi commander ce dont on n’a pas besoin ? Est-ce qu’on a besoin de ce marché. On ne consulte jamais les députés. Une institution où il y a l’esclavage, c’est l’Assemblée nationale. Tout se passe entre le président et les questeurs. Les marchés sont donnés à n’importe qui. Et dans quelles conditions ? Par appel d’offres ou de gré à gré ? On ne sait pas. La Commission de contrôle ne contrôle jamais et pourtant elle devait dresser un rapport tous les trois mois. Lorsque Thierno Bocoum, alors président de la Commission contrôle et comptabilité, avait voulu en savoir plus, on l’a débarqué immédiatement. Les députés ne savent pas où passe l’argent qu’ils votent. C’est l’opacité totale. La gestion de l’Assemblée nationale est nébuleuse, opaque. »