Diaraf Sow du PLD reçu en grande pompe par l’opposition…Le PDS bien représenté

Après avoir quitté Benno Bokk yaakar et rejoint l’opposition, le Parti Libéral pour la Démocratie (PLD/Gaalgui) a été reçu avec tous les honneurs par les partis de l’opposition avec le PDS en tête qui était représenté à son plus haut niveau par le porte-parole du parti, Babacar Gaye. Lors de cette conférence de presse tenue à son siège, sis à la cité ASECNA, N° 272, à Guédiawaye, le leader dudit parti Diaraf Sow a donné dans discours, les raisons pour lesquelles, ses partisans et lui ont décidé de rejoindre l’opposition…

Voici son discours intégral

DECLARATION LIMINAIRE

Mesdames et Messieurs les responsables, militantes, militants et sympathisants

Mesdames et Messieurs les journalistes

Chers invités

C’est notre première conférence de presse que nous tenons depuis le changement de la dénomination du parti imposée par le Gouverneur de Dakar.

En effet, le 8 Mars 2015 à Djidda Thiaroye Kao, nous avions créé  un parti d’obédience libérale, dénommé Parti Sénégalais pour l’Emergence (PSE) conformément à la loi. Trois mois après son existence, ce parti a réussi à mobiliser beaucoup de militants pour un magnifique lancement le 12 Juin 2016 à la Salle polyvalente de la Case des tout petits de Guédiawaye.

POURQUOI PLD/Gaalgui

Alors que ni la Constitution ni la loi n’interdit la création de parti politique sauf à respecter les règles de dénomination, de sigle ou le symbole et de couleur qui ne peuvent être sources de confusion avec les attributs d’un autre parti politique, le Ministre de l’intérieur, nous a demandé de changer le sigle du parti pour confusion avec le Plan Sénégal Emergent.

Or ni la dénomination (Parti Sénégalais pour l’Emergence), ni le Sigle PSE n’existait encore dans le champ politique sénégalais. Qui plus est, la loi ne parle ni de plan, ni de société ou d’entreprise, mais de parti politique.

A la suite du Ministre, le Gouverneur, qui a sans doute reçu une instruction, nous demande, en toute illégalité de changer la dénomination du parti  ; lui qui avait approuvé, par une première lettre que voici, la dénomination du Parti Sénégalais pour l’Emergence.

Ce sont les conseils de nos avocats et notre position de parti allié du Président de la République qui nous ont dissuadés d’assigner l’Etat pour excès de pouvoir devant la Cour Suprême. La suite vous la connaissez : ce changement de dénomination a donné naissance au Parti Libéral pour la Démocratie (PLD/Gaalgui). Et pourtant déjà en 2009, cinq ans avant le PSE, j’ai parlé d’Emergence en tant que Coordonnateur du Forum Libéral pour l’Emergence.

Aujourd’hui et de guerre lasse, nous avons reçu du préfet de Guédiawaye, notre récépissé de dépôt du nouveau dossier. Alors, PLD/GAALGUI a droit à sa reconnaissance en tant que parti politique et nous veillerons à ce que le pouvoir respecte la loi qui le lie dans se prérogatives.

ADHESION A BENNO BOKK YAKAAR

En Septembre 2015, nous avions accepté, sans condition d’adhérer à la coalition Bennoo Bokk Yaakaar, coalition avec laquelle nous avions été loyaux, sincères et honnêtes. Avec le Président Macky Sall et son parti aussi, mais surtout loyaux et honnêtes avec les sénégalais.

Dans le cadre de Bennoo Bokk Yaakaar, le parti a mené plusieurs activités aussi bien à Dakar que dans les régions. Mais cela ne nous pas empêchés de prévenir le Président Macky Sall sur les conséquences d’un wax-waxétt afin de respecter l’engagement pris devant les sénégalais et le monde entier de ne faire qu’un mandat de 5 ans et de proposer au citoyens la limitation du nombre de mandat du Président de la République à 2 ; et ceci malgré notre appartenance à la mouvance présidentielle. Malheureusement, cette position de droiture et de franchise nous a valu toutes les peines du monde de la part de notre allié qui essaie de nous isoler depuis ce fameux référendum.

LES RAISONS D’UNE RUPTURE

Nous avons également fustigé et dénoncé le recul démocratique et le non respect de l’Etat de droit durant les quatre années de pouvoir du régime en place. Pour illustrer mes propos je cite pêle-mêle :

  1. Les autorités déconcentrées sont partisanes et ne sont pas libres du fait de l’influence d’un pouvoir trop contraignant et irrespectueux de l’Etat de droit et des principes démocratiques et légaux. (le Gouverneur de Dakar prend deux décisions contradictoires en moins de 15 jours sur le cas du PSE. En moins de 24H, le Préfet avale son arrêté  pour s’opposer à la tenue du meeting du PS !
  2. Désormais, toutes les marches sont interdites malgré la constitutionnalisation de cette liberté fondamentale depuis le 22 Janvier 2001.
  3. L’instrumentalisation de la justice porte un coup fatal à la séparation des pouvoirs alors que les magistrats demandent la rupture du lien ombilical avec l’Exécutif qui peine à accepter le principe de la séparation des pouvoirs telle que prévue par la Constitution.
  4. Le recours systématique à une CREI incompétente pour juger le Ministre d’Etat Karim Meissa WADE (l’article 101 de la Constitution et l’article 7 de la loi de 1981 sur la CREI)
  5. L’interdiction de sortie de territoire d’anciens Ministres de Wade malgré deux arrêts de la Cour de Justice de la CEDEAO non respectés par l’Etat du Sénégal
  6. Le refus de libérer Karim WADE et de laisser Bibo Bourgi aller se soigner malgré l’injonction de l’ONU et du Groupe de travail.
  7. La grâce conditionnée de Karim WADE, encore une violation flagrante de la Constitution et du sermon du Président de la République
  8. La volonté du Ministre de la justice de rouvrir un dossier frappé de l’autorité de la chose jugée doublée d’une immunité juridictionnelle.
  9. L’interdiction à des anciens Ministres de passer par le salon d’honneur de l’aéroport, entre autres bassesses.
  10. Les Conseils de Ministres délocalisés, sont inutiles et inopportuns avec des promesses de milliards virtuels qui ne seront jamais tenues.  Apres celui de Dakar, un vieux Lebou m’a dit : « Digué Yakamti koula guereume leu » !
  11. L’utilisation des moyens de l’Etat et des ressources publiques pour mobiliser en permanence des militants de l’APR financés à cout de centaines de millions en plus d’achats de teeshirts et autres instruments de propagandes dans une campagne électorale isolée, non conventionnelle et permanente du Président de l’APR n’est pas un signe de bonne gouvernance.
  12. De nombreux diplômés qui avaient tant d’espoir après l’élection de Macky Sall peinent à trouver un emploi; Ils ont perdu tout espoir alors que leurs familles n’ont ni pain ni toit ;

RESOLUTION

Après avoir constaté que la rupture promise cède la place à la patrimonialisation du régime, au bâillonnement des libertés, à la mal gouvernance financière et à la paupérisation des couches populaires,

* Le PLD/Gaalgui soutient la lutte des magistrats qui réclament leur liberté et leur indépendance ;

* Le PLD/condamne la violation des libertés fondamentales par le régime et la persécution sans cesse des leaders de l’opposition ;

* Le PLD/Gaalgui s’écarte de ce pouvoir et de s’engage à coté du peuple conformément à sa devise « s’engager pour mieux servir ».

* Le PLD/Gaalgui appelle ainsi toutes les forces politiques (les militants de l’APR déçus, le  PDS, Rewmi, le Grand Parti, l’Act, le MPCL…) et toutes les forces à travailler autour des valeurs de liberté, d’éthique, de progrès et de solidarité pour faire partir démocratiquement le régime du Président Macky Sall du pouvoir afin de rebâtir les fondements de notre démocratie et les bases d’un développement économique et social durable.

* A la jeunesse sur qui repose l’avenir de notre pays, Le PLD/Gaalgui lance un message d’engagement et de mobilisation pour décider dès à présent de ce que sera le Sénégal de demain.

* Nous ne voulons pas d’un Sénégal dont les richesses se trouvent entre les seules mains d’une oligarchie ; mais d’un pays où chacun est concerné et par toutes les questions nationales.

* Le PLD/Gaalgui souhaite avec tous les partis soucieux du devenir de notre pays, mettre fin au clanisme, à la gestion familiale gabegique, à la médiocrité, à la crise d’autorité, à l’utilisation privée de la justice pour régler des problèmes partisans. In fine, le PLD/Gaalgui veut rendre le pouvoir au peuple

* Par conséquent, en ce Mardi 26 Juillet 2016, Le PLD/Gaalgui a pris la décision ferme et irréversible de sortir de la Coalition Bénno Bokk Yaakaar, exclut toute possibilité de retrouvaille politique avec Macky SALL et son pouvoir.

* Enfin le PLD/Gaalgui prend la ferme résolution de rejoindre le camp de l’opposition pour un vrai changement. Et dans ce cadre, le PLD/Gaalgui accepte la main tendue du PDS et son candidat Karim Meissa Wade pour une alliance motivée par le seul intérêt du Sénégal et le départ de Macky Sall du pouvoir.

Et pour terminer, je voudrais remercier Monsieur Babacar Gaye pour avoir bien voulu accepter d’assister à cette conférence de presse et de représenter le PDS dont il est le pore parole.

Mesdames, Messieurs  les journalistes, vous avez  la parole pour  nous poser les questions qui pourraient clarifier, le cas échéant, des points qui ont été abordés lors de cette conférence de presse. Il me plairait d’y répondre.

MARDI 26 JUILLET 2016