Contrôle de la gendarmerie nationale : Macky arbitre du duel Diallo-Tine

Qui d’Abdoulaye Daouda Diallo, ministre de l’Intérieur et de la Sécurité publique, ou d’Augustin Tine, patron des forces armées, va remporter la bataille pour le contrôle de la gendarmerie nationale ? C’est Sud Quotidien qui s’interroge avant d’indiquer que seul le Président Macky Sall peut répondre à cette question. Si le premier évoque des raisons de sécurité pour obtenir le rattachement de la gendarmerie nationale à son département, le second soutient que la gestion de la maréchaussée a toujours été dévolue au département des forces armées et en appelle à l’arbitrage du président de la République qui est aussi Chef suprême des Armées.

A la suite d’Abdoulaye Daouda Diallo qui a réaffirmé, devant la représentation nationale, sa volonté de rattacher la gendarmerie au ministère de l’intérieur, c’est au tour de son collègue des Forces armées d’apporter la réplique. Augustin Tine, sans toutefois entrer dans une polémique, a préféré s’en remettre à l’arbitrage du président de la République, Macky Sall. « Le Chef suprême des Armées, c’est le président de la République. Le ministre des Forces armées n’est qu’un continuateur de la volonté du chef de l’Etat de gérer le secteur des Forces armées jusque-là. Je ne saurais en dire plus », a-t-il répondu par rapport à la question.

Toutefois, agité depuis plusieurs mois, le projet de rattachement de la Gendarmerie au ministère de l’Intérieur et de la Sécurité publique, n’enchanterait pas certains hauts gradés de la maréchaussée. Car, de tout le temps, la Gendarmerie nationale est dirigée par un Haut commandant qui a le rang et les prérogatives du Chef d’Etat major général des Armées (Cemga) et tous les deux dépendants du ministère des Forces armées. Aussi, le Haut commandant de la Gendarmerie est en même temps le Directeur de la justice militaire. Donc, le dernier mot revient au chef de l’Etat Macky Sall. En attendant, la réflexion se poursuit avant de transmettre un projet de loi dans ce sens à l’Assemblée nationale, informait Grand-Place dans sa livraison du 5 décembre dernier.

Nos confrères rappellent que le 24 novembre dernier, présidant l’ouverture de la IVe Conférence des commandants et directeur de l’organisation des gendarmeries africaines à Dakar, Macky Sall, conscient que la lutte contre l’insécurité dans un contexte de montée en puissance du terrorisme, est revenu à un partage d’informations en souhaitant une fusion des systèmes de renseignement de la Gendarmerie et de la Police.