Consultations diplomatiques Sénégal/Gambie…Rien de décisif sur le pont et le blocus frontalier

Ce n’est pas encore la décrispation entre le Sénégal et la Gambie. Après quasiment 13 heures de conclave, les deux délégations ne sont pas parvenues à un accord formel et sans équivoque sur les points cruciaux de la levée du blocus à la frontière, la construction du pont et la coopération judiciaire et policière. Personne ne veut à l’apparence faire de concessions majeures et décisives.

Au sujet du transit routier, premier point de l’ordre du jour, le communiqué non encore disponible d’une vingtaine de minutes lu par l’ambassadeur du Sénégal à Banjul, le professeur Saliou Ndiaye, annonce que la partie gambienne a sollicité la reprise normale du trafic. A cette requête, le Sénégal dit s’engager à y travailler avec les acteurs. Quand ? Le communiqué reste muet à cette interrogation.

Autre mystère, le démarrage effectif de la construction du pont sur le fleuve Gambie. Là, les deux parties s’accordent à réunir les experts des deux pays sans être précis sur la date et le lieu. On ne pouvait, sans doute, s’attendre ç davantage d’engagement. Le ministre gambien avait, en effet, juste après les allocutions de l’ouverture officielle des consultations diplomatiques, déclaré que le tracé actuel du pont rendait impossible la navigabilité sur le fleuve Gambie. Un rebondissement de dernière minute qui surprend plus d’un, d’autant que comme l’a dit Mankeur Ndiaye, les travaux, confinés dans un délai de 36 mois, devaient démarrer en février dernier.

Une autre question reste encore suspendue à l’examen des experts des deux pays. Il s’agit de la coopération judiciaire et policière. Le communiqué annonce formellement que le Sénégal a demandé l’extradition de Boy Djinné. La Gambie n’annonce nullement, en réponse, qu’elle allait livrer le célèbre fugitif. Les deux parties se sont juste engagées à travailler à la révision Convention judiciaire de 1973. Pour le reste des questions de l’ordre du jour, des retrouvailles sont annoncées en juillet.

Autant dire qu’il faudra d’autres rounds de négociations notamment celles de juillet à Dakar ou dans le cadre peut-être de la Commission mixte, au point mort, depuis 2013, pour arriver à un dégel total entre les deux pays.   ?