Clédor Sène sur l’assassinat de Me Babacar Sèye : « L’assassinat de Me Sèye était un grand complot! »

Face à nos confrères de la Sentv, Amadou Clédor Sène n’a pas été avare en révélations, les unes les plus rocambolesques que les autres. C’est ainsi débitera sans sourciller que « l’assassinat de Me Babacar Sèye est un vaste complot qui restera gravé dans l’histoire politique du Sénégal. » Il justifie cette déclaration par le déroulé des événements qui se sont succédé après la mort du Premier Vice-président du Conseil Constitutionnel le 15 mai 1993.
«Pourquoi les gens se sont limités sur des détails sans exprimer la volonté d’aller au fond des choses, au fond de l’enquête ? Comment peut-on juger une affaire et que cette dernière continue toujours d’alimenter le débat judiciaire et politique? », s’interroge-il, non sans marteler : c’est parce que le jugement n’a pas été clair…
«Et même si le jugement était clair, la population sénégalaise a besoin de savoir la vérité sur cette affaire, les gens ont besoin de savoir de quoi tout cela retourne et comment ça a tourné. Parce que ça fait plus de 20 ans que cette affaire s’est passée, mais elle continue toujours d’alimenter les débats. Et cela fait plus de 10 ans que nous sommes libres…. », s’époumone Clédor qui souligne que pour mieux comprendre cette affaire, il faut remonter à 1988, une année charnière dans la lutte estudiantine, avec des grèves dans tous les secteurs, une année blanche, une crise économique et sociale aiguë.
«Tous ces événements se sont produit parce que le Parti démocratique sénégalais (PDS) avait gagné la présidentielle et cette victoire du PDS avait été confisquée par le parti socialiste (Ps)», tente-t-il d’expliquer avant de marteler que la vérité des urnes n’a pas été respectée.
Alors, poursuit l’invité de Ahmed Aïdara, l’élection présidentielle de 1993 s’est inscrite dans cette même logique de lutte pour la démocratie. « Nous avons tous observé le ballet entre la commission de recensement des votes dirigée par Andrésia Vaz et le Conseil Constitutionnel dirigé par feu Kéba M’baye, qui a suivi la présidentielle de 1993. A un moment donné, Mme Vaz et Kéba ont démissionné, mais la première citée s’était ravisée après une audience au Palais et moult pressions », rappelle toujours Clédor qui jure que c’est l’opposition incarnée en son temps par Me Abdoulaye Wade qui avait gagné la présidentielle.
Il en veut pour preuve le fait que le recours formulé par Me Wade et Cie n’ait jamais été examiné. Et de poursuivre qu’après le renvoi du délai de trois jours formulés par Kéba M’baye pour que les résultats soient proclamés, la magistrate Vaz qui n’a jamais voulu valider la victoire de Me Wade. Ce qui a conduit à la démission de Kéba Mbaye…
Mais, se souvient l’amnistié de la loi Ezzan, « Wade est resté plus de 7 jours sans parler parce-que s’il avait dit un mot le pays aller brûler, et il a pris une décision sage en demandant qu’on aille aux législatives, étant entendu que le pays était en état de siège. » «Le Pds a fait le même procédé que le Ps en bourrant des urnes et falsifiant des procès verbaux pour gagner les élections avec plus de 65 sièges sur les 100 que comptait l’Assemblée Nationale », narre-t-il.

Dakaractu