Cheikh Yérim Seck fait le nettoyage en Guinée…Avec son nouveau canard, il fait des révélations graves…

Cheikh Yérim Seck prouve encore qu’il reste ce brave et courageux journaliste d’investigation. Le voilà du côté de la Guinée. Il révèle un gros scandale. Et tout ceci dans son nouveau canard en ligne Conakryactu…Lisez le dossier dans lequel sont impliqués un ancien premier ministre, un cheikh arabe et la famille présidentielle

Scandale d’Etat: Alpha Condé, Lansana Kouyaté, Chantal Cole, le prince d’Abu Dhabi et les 10 millions de dollars (Suite)

condé yérim seck

CONAKRYACTU.NET « Après quelques petits recoupements que nous nous imposons, nous reviendrons très bientôt, avec force détails, sur ce scandale d’Etat », écrivions-nous pour clore notre premier article sur cette affaire rocambolesque. « Scandale d’Etat », titrions-nous. Sans nous douter à quel point cette affaire était scandaleuse.
Je vais revenir point par point sur l’enquête riche en péripéties et en enseignements que j’ai menée.
D’abord, je me réjouis après coup qu’en dépit du désir de scoop, nous ayons pris le recul et le temps de la vérification. Vous ne tarderez pas à comprendre pourquoi.
Au moment de rédiger le premier article, j’ai discuté avec une source proche du palais, généralement bien informée, qui me « briefe » depuis la création de conakryactu.net. Je n’ai donc aucune raison de douter d’elle. C’est cette personnalité qui m’a mis en rapport avec un banquier qui a pignon sur rue à Abu Dhabi, lequel m’a connecté, à partir de son portable, par conf call, à quelqu’un que je recherchais activement: le fameux prince qui, à Abu Dhabi, a parlé fin août 2015 à Alpha Condé de Lansana Kouyaté et a proféré les accusations concernant les 10 millions de dollars et les 500 ordinateurs.
Ledit prince m’a accordé une interview dans le cadre d’un entretien téléphonique que nous avons eu le 16 octobre de 15h à 15h 47, heure de Dakar.
Quoique dans un anglais boiteux, l’entretien est plein de révélations. Il enfonce Lansana Kouyaté, répète les mêmes chiffres de 10 millions de dollars et de 500 ordinateurs que lui aurait pris l’ancien Premier ministre. Mais deux « détails » retiennent mon attention.
Sûrement préparé avant notre rendez-vous téléphonique, mon interlocuteur m’a dit au début de notre entretien que les faits se sont déroulés en 2008. A la fin, je lui ai demandé une précision sur le mois des faits, il m’a répondu: « juin ou juillet 2008 ». Erreur factuelle ! A cette date, Lansana Kouyaté n’était plus Premier ministre de Guinée. J’ai insisté pour savoir où les faits incriminés se sont déroulés. Il m’a répondu: « A Abu Dhabi ». Deuxième erreur factuelle ! Kouyaté ne s’est pas rendu aux Emirats arabes unis en juin ni en juillet 2008. Il était à Conakry où il est resté les mois suivant son départ de la primature.
Ces deux constats m’ont poussé à bloquer l’interview (qui devait paraître avec le premier texte pour le compléter) et à annoncer à nos lecteurs que je voulais procéder à certains recoupements avant de la leur livrer.
J’ai rappelé mon contact pour exiger une vidéo de mon interviewé par viber ou skype avant de pouvoir publier quoi que ce soit. Le « prince » a opposé un niet catégorique à ma demande. Je lui ai proposé de faire le déplacement sur Abu Dhabi pour le rencontrer physiquement. Il m’a répondu qu’il devait se rendre à Paris le 18 octobre et qu’il ne serait donc pas dans son pays. J’ai rebondi sur cette réponse pour lui dire que j’allais le rencontrer à Paris. Jusque là, je n’avais aucun préjugé. Le « prince » peut être véridique et avoir des problèmes pour retenir les dates. C’est le cas de beaucoup de personnes, dont moi-même.
Dans la nuit du 18 octobre, j’ai quitté Dakar pour Paris à bord du vol régulier d’Air France.
Arrivé le lendemain matin, j’ai pris langue avec mon contact d’Abu Dhabi. Il m’a pris un premier rendez-vous pour le 22 octobre à 13h avec le « prince ». Ironie du sort, c’est lorsque j’attendais ce dernier dans le hall d’un hôtel huppé du 8è arrondissement que Lamine Guirassy m’a joint pour me faire parler du premier article paru sur l’affaire, en direct dans Les Grandes Gueules.
Après l’interview, j’ai attendu en vain celui qui n’est jamais venu. Le banquier m’a fixé un autre rendez-vous avec « le prince ». Rebelote le lendemain à 10h, où je l’ai attendu en vain pendant 2h sur la place du Trocadéro.
C’est là que j’ai compris le montage, une blague de mauvais goût qui a commencé depuis ce jour où ce fameux « prince d’Abu Dhabi » a été introduit auprès d’Alpha Condé.
Profitant de ma présence sur les bords de la Seine, j’ai poursuivi mon enquête. Il me fallait voir plus clair dans la famille royale d’Abu Dhabi. A cet effet, j’ai rencontré un confrère d’une grande télévision française spécialiste des pays arabes. Voilà ce qu’il m’a révélé: « Mohammed ben Zayed ben Sultan Al Nahyane, né en 1961, ministre de la Défense, est le prince héritier d’Abu Dhabi. Il est le fils de Cheikh Zayed Ben Sultan Al Nahyane, fondateur des Émirats arabes unis. Il est le frère cadet de Khalifa Ben Zayed Al Nahyane, actuel président, émir d’Abu Dhabi. Son autre frère, Abdallah Ben Zayed, est ministre des Affaires étrangères du pays. L’autre homme de la fratrie, Cheikh Ahmed Ben Zayed al-Nahyane, directeur général de l’Autorité des investissements (Abu Dhabi Investment Authority, ADIA), considérée comme le plus important fonds souverain du monde avec des avoirs estimés à plus de 600 milliards de dollars, s’est tué dans un accident d’avion en mars 2010. Aucun de ces princes, qui ont une très haute idée d’eux-mêmes, eux qui trônent sur la capitale et le plus riche des sept émirats arabes unis, ne peut avoir posé l’acte de dénonciation dont vous parlez. Même s’il agissait de 100 millions de dollars, leur orgueil royal arabe le leur interdirait. Seulement, il y’a, dans les monarchies arabes, des individus qui se font passer pour des princes à des fins de trafic d’influence. Votre fameux prince doit être l’un de ceux-là. Un vrai prince ne donne pas une interview à un inconnu. » Avant d’ajouter: « Il est impossible qu’un prince d’Abu Dhabi se soit rendu à un dîner d’Alpha Condé. Les règles protocolaires veulent que ce dernier soit invité par l’émir. Et, le cas échéant, c’est seulement avec celui-ci qu’il cause au courant du repas. »
Qui est donc celui qui a parlé à Alpha Condé ce fameux soir de fin août 2015 où il a été introduit auprès de lui ? C’est, à n’en pas douter, un individu lambda peut-être même payé par les auteurs de ce qui apparaît dès lors comme un montage contre Lansana Kouyaté. Pourquoi l’ancien Premier ministre a-t-il fait l’objet d’une telle machination ?
Je refuse de croire que la seule adversité qu’il suscite en Chantal Cole ait inspiré ce geste. Il y’a peut-être d’autres explications que notre enquête n’a pas permis de découvrir.
Si je veux faire de l’analyse politique, je dirais peut-être qu’il s’agit là d’une manoeuvre pour empêcher toute retrouvaille entre le président guinéen et son allié de l’entre-deux-tours en 2010. Mais avait-on besoin d’impliquer un prince arabe imaginaire, alors que les comploteurs autour du pouvoir en Guinée sont plus destructeurs que la destruction ?
Aux termes de cette enquête, je me suis rendu compte, quand j’ai atterri à Dakar dans la soirée du 23 octobre, qu’il y’a énormément de personnes dans le coup des 10 millions de dollars et des 500 ordinateurs. C’est un vaste complot ourdi par plusieurs personnes nichées au sommet de l’Etat.
Le fait qu’une source m’ait mis sur la piste d’un prince avec qui j’ai parlé et que je n’ai jamais pu voir, montre à quel point les proches du président sont allés loin dans la machination et la manipulation.
Cette affaire est loin d’avoir livré tous ses secrets. Il y’a quelque chose de grave que l’on cache. Dès lors que je l’ai agitée, avec la publication du premier article, j’ai reçu des menaces de toutes sortes à travers des appels anonymes, des sms, des courriers électroniques… J’ai rassemblé tous ces éléments à toutes fins utiles.
Si je n’avais pas peur d’y laisser ma peau, j’aurais poursuivi l’investigation pour découvrir le banquier-contact à Abu Dhabi, le « prince accusateur », ses instigateurs, les motivations profondes de l’opération, les intérêts de toutes sortes y attachés. Mais…
Cheikh Yérim Seck

1 Comment

  1. Ah revoila Cheikh Yerim dans ses mic-macs journalistiques. Tout ceci pour tenter de rapprocher Alpha Conde de Lansana Kouyate afin peut etre d’en tirer profit. Incapable de s’elever pour nous faire du journalisme digne et serieux? Peut-etre. Il ne va pas nous pousser a lui ressortir son histoire que toute l’Afrique connait. Les gens rient sous cape en lisant ce tissu sans trame ni tete ni queue qu’il veut nous faire prendre pour une enquete journalistique. Nous ne sommes pas des gamins, ni ne le sont les politiciens Guineens qui observent ses manoeuvres a…deux sous !

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