C’est la crise entre l’Etat et Cambérène…Le Mausolée de Seydina Issa Rohou Lah va faire tout exploser

L’Etat et de l’Ageroute veulent profaner le mausolée de Seydina Issa Rohou Lahi». C’est la conviction des habitants de Cambérène qui l’ont fait savoir dans une déclaration qu’ils nous ont fait parvenir mercredi dernier 15 juillet. Les layènes se sont indignés de ce qu’ils appellent «une campagne tous azimuts sous la forme d’un publireportage diffusé dans certaines chaines de télévision pour faire croire que les divergences avec les populations de Cambérène ont été aplanies pour le prolongement de la VDN».

Dans la déclaration faite par le Mouvement pour la Réhabilitation du Mausolée de Seydina Issa RohouLahi et le Collectif des impactés, il est signalé que cette campagne est totalement fausse et «très loin même de la réalité». La communauté layène a ainsi tenu «à informer l’opinion nationale, internationale et le bailleur qui finance le projet, particulièrement les plus hautes autorités du pays que Cambérène dénonce la manipulation et le dilatoire à travers un tissu de contrevérités véhiculés par l’Ageroute dans ce publireportage». Le Mouvement a tenu ainsi par cette déclaration publique «à rappeler que jusqu’à présent, l’étude d’impact environnemental n’a pas été validée par les populations du fait de l’absence de discussions franches et sérieuses sur les nombreux points de désaccord».

Ledit mouvement a rappelé les graves manquements qui ont été constatés par les populations en 2014 dans le cadre de cette affaire. L’étude d’impact a été jugée très mal faite par les populations, car comportant des insuffisances sur plusieurs points, notamment son mutisme sur «les mesures d’atténuation des impacts concernant la pollution atmosphérique et sonore, les vibrations et leurs incidences sur la santé des populations très proches de la VDN ; la non matérialisation réelle du tracé du projet et le manque de transparence dans la démarche ; la non prise en compte du caractère spécifique des ëtts qui constituent un patrimoine social, culturel des layènes à préserver ; le manque de transparence dans les indemnisations proposées qui n’ont pas tenu compte du fait que Cambérène est sur titre foncier unique ».

DES FAMILLES DIVISEES

Sous ce rapport, estimant que «Cambérène n’est ni sur le domaine de l’Etat, ni sur le domaine national, il est inacceptable d’imposer aux victimes un barème ou quoi que ce soit ». «Cambérène n’acceptera pas d’être lésé dans ce projet, car depuis 2000, aucun investissement significatif de l’Etat n’a été réalisé dans la localité, à part l’émissaire des eaux usées », poursuit le texte. Dans le même ordre d’idées, il est reproché à l’Etat par les populations de Cambérène d’avoir omis de nombreux impactés. Pis, «le projet n’a même pas cherché à respecter la diversité des ménages, ce qui a déjà disloqué de nombreuses familles qui ne peuvent s’entendre sur les modalités de partage». Pour illustrer leur propos, les membres du mouvement ont révélé que «dans certaines concessions, les ménages concernés n’ont aucun lien de parenté et le projet a imposé aux populations de ne payer qu’une seule personne qui se chargera de remettre aux autres leurs parts». Ce qui, à leurs yeux, «est tout simplement scandaleux». Par ailleurs, il est reproché au projet de n’avoir pas «prévu de site de recasement à l’instar d’autres localités comme Malika».