Benoît Sambou, une malédiction du régime de Macky…Il oublie l’essence de la loi…

      Benoit Sambou, l’estampille de la médiocrité est la méchanceté

Socrate aimait dire que nul n’est méchant volontairement, car celui qui fait le mal croit viser son bien. Ce dont le méchant ne se rend guère compte c’est que le mal causé à autrui pour assouvir soit une soif de vengeance, soit sa cupidité finit toujours par se retourner contre lui. Il mobilise énergie négative et passion pour atteindre sa cible et pendant ce temps il oublie de se parfaire dans le chemin de l’excellence et du bien. Le méchant est rongé par la jalousie et la haine de tout ce qui est brillant. Il ne fait rien pour devenir meilleur ; au contraire il s’égosille, se torture et s’épuise dans de basses intrigues pour freiner ceux qui le dépassent en qualités intellectuelles et morales. En proposant une révision de la loi électorale sur la double nationalité avec comme nouvelle disposition un temps de stand-by de cinq année pour celui qui aura renoncé à sa nationalité étrangère avant de pouvoir briguer le suffrage des Sénégalais, M. Sambou oublie l’essence de la loi. La loi est de portée générale et impersonnelle : une république qui se permettrait de légiférer sur les particuliers cessait d’être une république. Ce monsieur oublie que, comme le dit Rousseau, « la puissance législative appartient au peuple, et ne peut appartenir qu’à lui » et que le peuple ne peut se permettre de traquer des cas individuels sous peine de cesser d’être un peuple. Il ne faut pas franchir la ligne rouge : notre unité nationale est la richesse la plus précieuse que de grands hommes d’État nous ont léguée.

La malédiction du Sénégal avec ce régime de Macky Sall n’est pas seulement les scandales à répétition, c’est surtout le fait que ceux qui jouent les premiers rôles et qui ont l’outrecuidance de prétendre défendre les aventures de ce régime sont incompétents. Tandis que dans d’autres démocraties on s’efforce de réconcilier légitimité politique et exemplarité, dans la nôtre on persiste à faire de l’agressivité, de la méchanceté et du chauvinisme les seuls baromètres de la politique. Le pire pour un homme de valeur c’est de nourrir sa famille par la rente du mensonge, de la calomnie et de l’ostracisme. Nous ne pouvons qu’avec amertume rappeler que ce sont de raccommodages de ce genre qui ont plongé la Côte-d’Ivoire dans une crise politique dont les conséquences et les séquelles sont toujours douloureuses. Abdoul Mbaye avait la double nationalité lorsque Macky Sall le choisissait comme premier ministre ! Karim Wade avait la double nationalité quand Macky Sall siégeait à ses côtes dans le même gouvernement ! S’il faut, chaque qu’il faut se débarrasser d’un adversaire politique instrumentaliser la loi, on finira par avoir des lois pour chaque catégorie d’opposant.

C’est vrai quand on est foncièrement incapable de faire valoir la moindre victoire électorale dans sa base et qu’on est radicalement dépourvu de toute forme de savoir-faire technocratique, on n’a pas d’autre combat politique à mener que la vindicte, le commérage, et le bellicisme à ciel ouvert. Ce genre d’initiative et le type de discours qui le sous-tend sont une flétrissure pour la république. M. Sambou montre par cette triste trouvaille toute la platitude de son univers mental et la trivialité répugnante de ses idées. Il faut cesser de faire de la loi et de la république les appendices des intérêts personnels et des contingences partisanes ; il faut s’abstenir de faire de la démocratie le théâtre d’expression de la médiocrité et de l’affrontement des passions. Notre pays a besoin d’idées fécondes et d’union des cœurs, il n’a aucun intérêt à instaurer un cycle d’inquisition qui se nourrit des cendres de ses fils. Le combustible de la haine ne doit jamais être attisé, car il finit toujours par dévorer le mal et le bien dans le même feu incandescent de l’intolérance.

Et s’il faut légiférer sur les binationaux pourquoi s’arrêter à ces deux cas ? Qui est Sénégalais et à quelle condition perd-on sa « sénégalité ? A moins d’emprunter à Sarkozy et aux Le Pen leurs catégories démoniaques, M Sambou ne peut pas élaborer un raisonnement argumenté qui puisse justifier sa perfide proposition.

Alassane K. KITANE, professeur au Lycée Serigne Ahmadou Ndack Seck de Thiès.

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