Au Sénégal, La Justice n’a jamais dit non à un gouvernement…Les cas Karim Wade en 2015 et Mamadou Dia en 1963

C’est en acceptant de juger, puis de condamner, Mamadou DIA que notre justice, du reste, assez performante par ses codes de procédure, a raté sa première occasion de dire non à l’Etat. On peut, quand même, en être fier. Malgré le règne des officines. Telles que la justice des francs-maçons, celle du clergé, sans parler des confréries qui ont leurs dahiras de magistrats.

Parmi les empêcheurs de tourner en rond on peut citer certaines connivences. Avocats-Magistrats. Surtout celles où l’enjeu matériel et financier vise des chiffres qui donnent le tournis. On peut en dire de même de la justice des Libano, des Banques et des Assurances qui ne perdent jamais.

Ces tares ou considérées comme telles ne sont que l’exception qui confirme la règle. C’est-à-dire une justice satisfaisante et, même, plus que satisfaisante.

Cependant, dans les annales du Sénégal, la justice n’a jamais dit non à un gouvernement. Et, ce depuis près de soixante ans. Peut-être que les magistrats du « non » salutaire ne sont pas encore nés. Ou, entre la formation, les stages, les petits tribunaux dans les périphéries du pays.

Les futures générations, les analystes en la matière devront, demain, trouver la justification à un « béni oui ouisme ». Est-ce un problème de conception ou les gouvernements jouent-ils sur les ambitions personnelles, les avantages de telle ou telle fonction, sur les divergences ?

Pour appréhender la gravité et l’importance du « non » qui n’a pas été dit à Senghor contre Mamadou Dia, les conséquences ont été si désastreuses que nous avons été amenés à abandonner le régime parlementaire. C’est-à-dire ôter au Parlement et à ses élus toute possibilité d’impacter sur les décisions de l’Exécutif. Et donc, de soutenir les électeurs dont les porte-voix se sont retrouvés dans une Chambre d’Applaudissement.

Cette défection de la justice prise en tant qu’entité est responsable de tous les maux dont la société souffre aujourd’hui :
– Non-respect des codes
– Les passes droits
– Les ports vestimentaires des jeunes filles
– Le blasphème gratuit

Lorsqu’une Selbé Ndom dit avoir reçu la visite de l’Archange Gabriel, elle se compare au Prophète (Psl), le seul musulman connu à l’avoir reçu. Le Procureur devrait, dans ce cas, s’auto saisir. A ce jour, il n’en est rien.

Une justice qui ne veut pas, ne peut pas ou n’ose pas, c’est selon, dire non au gouvernement est une justice qui ne pourra arborer la lettre G comme grande qu’en minuscule. Les cas semblables à celui de Mamadou Dia se sont multipliés mais la réponse n’a jamais varié.

Le cas Karim Wade est-il comparable à celui de Mamadou Dia ? Comparaison n’est pas raison, mais les juges supérieurs ont peut-être délibéré dans un sous-sol. Aurait-elle pu les renvoyer dos à dos ? Pour ce faire, le courage avait, ce jour-là, pris congé. Car, et c’est le moins que l’on puisse dire, Karim est un justiciable, oui. Mais, pas un « injusticiable ».

In fine, rappelons cette réflexion du Doyen des avocats sénégalais, Me Lamine Guèye : « Le « oui » n’a de sens que quand on a le droit de dire « non » »
Ahmed Khalifa Niasse

1 Comment

  1. Mémoire De Réponse de la Mise en demeure de Karim Wade

    Bien que vous m’ayez empêché de sortir du Sénégal pour aller chercher des preuves, ne serait-ce que pour les biens situés à l’étranger que vous m’attribuez à tort, j’ai pu vous fournir des preuves irréfragables et surabondantes établissant que les biens que vous m’attribuez à tort ne m’appartiennent pas.

    Il avait été annoncé au peuple sénégalais que des centaines de milliards allaient être retrouvés à l’Etranger afin de les rapporter au Sénégal pour améliorer le bien-être de nos compatriotes. A défaut d’avoir pu retrouver ces centaines de milliards, vous avez décidé d’accélérer le traitement de cette procédure inique dont je suis l’objet pour en faire votre « trophée de chasse ».

    Croyez moi, je demeure convaincu que Justice ne pourra que m’être rendu au final et que très rapidement le peuple sénégalais ne pourra que se rendre à l’évidence à savoir que j’ai été injustement accusé, calomnié, privé de ma liberté d’aller et venir et de l’affection de mes enfants et de mes proches. L’histoire de notre pays prouve que notre peuple à juste titre n’a jamais toléré l’injustice et qu’il l’a toujours sanctionnée en faisant prévaloir la vérité.

    Monsieur le Procureur spécial, votre enquête a permis d’établir au moins une chose que les gens de bonne foi savaient : le Président Abdoulaye Wade, a dirigé le Sénégal pendant 12 (douze) ans, percevant chaque année les fonds que l’Assemblée Nationale, le plus régulièrement du monde mettait à sa disposition sous forme de fonds politiques, de fonds d’aide et d’assistance, fonds auxquels s’ajoutaient des dons personnels de ses amis nantis, soit cumulés des dizaines de milliards. S’agissant de tous ces fonds, sa famille n’en a jamais profité.

    Nous n’avons ni immeubles au Sénégal, juste une maison familiale en train d’être agrandie et rénovée au Point E à Dakar à laquelle s’ajoutent l’immeuble situé à la SICAP Rue 10 et une maison en construction à Touba. Nous n’avons pas d’appartements Avenue Foch à Paris ni propriété dans la vallée de la Chevreuse ou sur les bords de La Loire.

    Monsieur le Procureur spécial, mes chers compatriotes, rappelez-vous, il y a quelques années Maître Wade a fait une déclaration en direction des maires de France : «si vous trouvez dans votre juridiction un immeuble qui m’appartient, je vous le donne ; vendez-le et versez le produit à vos œuvres».

    Nous n’avons pas de comptes en banque fournis, ni d’actions en bourse ou des titres d’émission. C’est pourquoi je suis fier d’appartenir à la famille de l’ancien Président Abdoulaye WADE.

    Le Ministre d’Etat Karim WADE

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