Alioune Tine demande la révision de la « Grâce » présidentielle

Si le procès de Karim Wade et compagnie avait fini de poser le débat sur la nécessité de réformer la Cour de répression de l’enrichissement illicite (Crei), la libération du célèbre prisonnier de Rebeuss a suscité des commentaires sur la grâce présidentielle. Même si c’est une prérogative que la constitution attribue au président de la République, il y a lieu de revoir les critères et les personnes qui doivent en bénéficier. Sinon, à ce rythme, la grâce risque d’être une boite de Pandore. Car depuis quelque temps, un bon nombre de malfaiteurs ont été alpagués par les forces de l’ordre. Mais, après enquête, on se rend compte qu’ils sont pour la plupart des repris de justice qui avaient bénéficié d’une grâce présidentielle. En tout cas, le patron d’Amnesty International en Afrique de l’Ouest et Centrale, Alioune Tine, est favorable à ce qu’on revoie les conditions de la grâce. Il est d’avis que la grâce présidentielle doit être repensée pour ne pas donner le sentiment d’une mesure arbitraire qui discrédite et délégitime la justice. C’est une manière de renforcer la rigueur, dans le système judiciaire.