Affaire Karim Wade…« Il n’y a même pas de détention arbitraire » comme ont toujours clamé ses avocats

Au moment où des experts du groupe de travail de l’ONU sur les détentions arbitraires estiment que le sieur Karim Wade est détenu de façon abusive au Sénégal, une voix s’éklève au Sénégal pour dire non à cette version. Il s’agit de monsieur Iba Barry Camara, professeur à la Faculté des sciences juridiques et politiques de l’Université Cheikh Anta Diop (Ucad). Pour ce prof, « l’opposition peut bien chercher à ameuter l’opinion internationale, pour essayer de montrer que Karim Wade a été détenu arbitrairement, comme ils l’ont toujours clamé haut et fort. Mais, fait-t-il remarquer, «il n’y a même pas de détention arbitraire». Pour lui, il s’agit simplement d’une détention à la suite d’un jugement qui a été mené conformément aux lois et règlements en vigueur dans notre pays.

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  1. Merci de partager ce texte du professeur Alassane A Kitane, il permet de mieux comprendre cette haine déclenchée par Macky, Mimi, Tanor et Niasse.

    KARIM WADE: Un prisonnier pour la bonne conscience d’une classe politique corrompue

    « Nous n’enfermons rien d’autre en prison qu’une partie de nous-mêmes, comme d’autres abandonnent sur le bord de la route leurs souvenirs encombrants ou leurs chiens en disgrâce… »

    Cette profonde réflexion de Jean-Pierre Guéno devrait aujourd’hui être écrite en gros caractères sur le fronton des institutions de notre pays et, particulièrement sur ceux de l’Assemblée nationale et du Palais présidentiel. Car contrairement à ce qu’on tente de faire croire, l’enrichissement des politiques par l’exercice du pouvoir est aussi vieux que l’indépendance de notre pays. Qui, parmi les grands théoriciens et défenseurs de la CREI, est en mesure de justifier sa fortune ? Qui est prêt à passer devant la CREI pour donner le bon exemple ?

    Pourquoi tout le monde fait la sourde oreille face à la pertinente proposition de Talla Sylla de mettre sur pieds une commission Vérité et Transparence ? Qui a vraiment les mains propres ? Si donc Karim est en prison et les autres non, cela ne peut pas du tout être expliqué par une exigence de justice car la finalité de la justice est l’équité. Un ancien ministre d’État, actuel allié de Macky Sall, aime chanter sous tous les toits que le Président « doit aller jusqu’au bout dans la traque des biens mal acquis » ! Pourquoi une telle remarque ? D’ailleurs qui est cet homme politique qui disait, à l’occasion d’un meeting du parti socialiste, à l’endroit d’un certain Mbaye Diouf ceci « Néenagnou dangay yakh ! Yakkhal bou doyoul ma dolli la » (Il se dit que tu gaspilles de l’argent, continues et si tu n’en as plus assez je vais te renflouer les caisses) ? Comment l’auteur de propos aussi arrogants peut-il aujourd’hui nous faire la morale d’une bonne gouvernance ? La réponse à ces questions nous est fournie par les propos contenus dans l’épigraphe choisie pour illustrer ce texte. Karim Wade souffre le martyr des vices de la totalité de la vieille garde de la classe politique.

    Le fils de Wade devrait donc être sacrifié pour le rachat de cette classe politique qui nous a fait tant de tort ! La vérité est que les plus grands brigands de la république projettent leurs crimes sur Karim Wade. La projection ! Ce concept freudien est non seulement fonctionnel pour une saine lecture de la scène politique sénégalaise, mais il fournit la clé de l’énigme que constitue le grand délire au sujet de la culpabilité de Karim Wade et de l’étendue de son crime. L’indécence avec laquelle certains hommes politiques parlent de cette affaire dans les médias montre que les motivations qui se cachent derrière n’ont rien d’éthique.

    C’est que la plupart du temps les hommes aiment châtier, avec le maximum de sévérité, les crimes à la commission desquels ils furent naguère champions. Cela leur permet à la fois d’avoir bonne conscience et de se jouer de la crédulité de leurs semblables en se faisant passer pour des saints. Nietzsche n’avait donc pas tort de penser qu’en prétendant lutter contre les instincts, la morale ne fait, en général, que servir de plus bas instincts. La manie à se gargariser de sobriété et de bonne gouvernance trahit un profond malaise dans la conscience collective de la nouvelle majorité. Le jour où le bon Dieu décidera de jeter une lumière définitive sur la gestion de notre pays, les Sénégalais se rendront compte de l’énorme supercherie qu’est la CREI : on ne l’a inventée que pour les aveugler.

    La bonne gouvernance n’est pas de la mode politique : elle relève d’une profonde conviction et ne saurait se transformer en une espèce d’affiquet avec lequel on peut orner un costume politique déjà maculé. La logique de la traque des biens dits mal acquis devrait d’ailleurs amener les traqueurs sur la piste des partis politiques qui entretiennent si généreusement leur chef oisif et une immense et intempérante clientèle politique. Pourquoi on n’a jamais fait la lumière sur les actionnaires des sociétés qu’on a privatisées dans les années 90 ? L’argent du contribuable n’a pas d’âge, et le changement de position politique ne saurait le blanchir.

    Au regard de toutes ces considérations, nous dirons qu’entre Zorro le justicier masqué et Zarathoustra le symbole de la généreuse lumière créatrice, nous avons choisi le second, car la seule différence entre le premier et ses victimes c’est la pénombre dans laquelle il les exécute si sommairement. Faire comprendre aux Sénégalais que l’éthique dans la gestion des affaires publiques est une exigence majeure est juste, mais leur vendre l’insolente illusion que c’est l’éthique qui est la clé de leur épanouissement n’est que lâcheté et mépris. Notre problème avec les politiciens est que quand le pouvoir, souvent très volatile, atterrit dans des mains inexpertes, il ouvre la porte d’une tragédie qu’on ne peut voiler que par le lyrisme ou par l’arbitraire de la force se prenant pour justice.

    La situation de transe démocratique dans laquelle se trouve notre pays n’est qu’une maladroite entreprise de dissimulation d’une carence de vision et de courage politique : ils n’ont qu’un seul mot à la bouche à savoir « la traque es biens mal acquis » ! Traquez alors, parlez de traque et il y aura toujours quelque chose et quelqu’un à traquer, car comme le dit Mark Twain « Celui qui ouvre une prison doit savoir qu’on ne la fermera plus. ». En ce qui nous concerne nous ne désespérons pas de voir Macky Sall, devant ses amis, faire sienne cette parabole biblique : « vous qui m’appelez saint, qui vous a dit que j’étais un saint ? »

  2. PIQÛRE DE RAPPEL
    LETTRE OUVERTE DE KARIM WADE AUX MÉDIAS

    Quand on lit cette lettre avec du recul, et la sérénité que confère le temps, on peut facilement reconnaître que cet homme a subi un matraquage sauvage gratuit et sans précédent .
    Il fut l’homme à abattre par tous les moyens, fussent ils, les plus condamnables.
    Seules et uniques méthodes pour atteindre le père dont le bilan est indéniable dans tous les secteurs d’activités, Karim Wade fut l’angle d’attaque rêvée de l’opposition via ses médias, mercenaires de la plume, et autres autoproclamés « élites intellectuelles » de ce pays aux seules fins d’instrumentaliser les masses par une vaste campagne de diabolisation »

    « Pendant ces dernières années, ces derniers mois, ces dernières semaines et ces derniers jours, notamment lors des événements des 23 et 27 juin 2011, nous avons tout vu, tout lu et tout entendu. L’heure est venue pour moi de m’exprimer.
    Le temps est venu de délivrer, du fond du cœur, un message de vérité, de fraternité et de sincérité.Je me dois d’autant plus de le faire que tout un chacun sait que je suis la cible d’attaques profondément injustes.

    Depuis mon entrée dans l’espace public en qualité de Conseiller Spécial du Président de la République, puis de Président du Conseil de Surveillance de l’Agence nationale de l’Organisation de la Conférence Islamique (ANOCI) et actuellement comme Ministre d’Etat, Ministre de la Coopération internationale, des Transports aériens, des Infrastructures et de l’Energie, malgré tous les efforts que je continue de déployer pour le développement économique et social du Sénégal, des passions se déchaînent, des haines se ravivent. Pourtant rien ne m’a été donné. Avec mes collaborateurs et fort de l’expertise nationale et internationale, nous sommes toujours partis de rien, pour aboutir à ce que l’on voit.

    Jamais dans l’histoire du Sénégal, un homme public n’a reçu, autant de coups, de propos diffamatoires et outrageants. Systématiquement, je suis l’objet de graves accusations, de profondes détestations, d’attaques hallucinantes de la part de ceux qui nous connaissent à peine ou pas du tout.
    Impitoyablement, je suis sanctionné sans être entendu, jugé dans des procès sans défense, « condamné » sans recours possible. De ma présomption d’innocence, on s’en passe automatiquement. On me prête beaucoup trop ! Qu’on perde un marché public, une position, une faveur, un privilège, un titre, une fonction, aussitôt l’on me rend responsable. Qu’un ministre soit limogé, il prétend que son départ est la conséquence immédiate de son refus d’un prétendu projet de « dévolution monarchique du pouvoir ». Lorsqu’il pleut un peu trop à Dakar, je suis indexé ; lorsque le vent emporte le toit d’une maison à Pikine, je suis pointé du doigt ; lorsqu’un train déraille à Thiès, j’y suis pour quelque chose ; lorsqu’un accident survient sur la route, je suis vilipendé.
    Conformément à nos valeurs sénégalaises, je leur accorde mon pardon.

    Tout comme le Chef de l’Etat, je combats toute idée de dévolution monarchique du pouvoir.
    Fort heureusement, nombreux sont nos compatriotes qui refusent de se laisser entraîner dans la campagne sur le supposé projet de dévolution du pouvoir de « père en fils » qui constitue aujourd’hui la panacée pour tout expliquer et tout comprendre.
    Si cette idée a continué de prospérer au point de susciter des rancœurs et parfois même de la haine envers le modeste passant sur terre que je suis, c’est parce qu’elle est savamment entretenue par une partie des acteurs politiques aidée en cela par certains journalistes, – véritables machines de guerre contre ma petite personne. Cette confusion doit finir ! Cette intoxication doit s’arrêter ! Cette injustice doit cesser.

    Je le répète et le répéterai aussi longtemps que cela est nécessaire : c’est une insulte faite aux Sénégalais que de parler d’un projet de dévolution monarchique. Un tel projet n’a été, n’est et ne sera jamais dans les intentions du Président de la République ni dans les miennes. C’est universellement connu, le Sénégal connaît une longue tradition républicaine et démocratique. La souveraineté appartient au peuple qui, au terme d’élections libres, démocratiques et transparentes, confie le pouvoir à celui en qui il a confiance.

    Comme vous le savez, le Président de la République Me Abdoulaye Wade est habité par la passion du Sénégal et ne respire que pour l’Afrique et plus généralement pour la paix. Plus d’un quart de siècle de combat pour l’approfondissement de la démocratie et pour la conquête des droits individuels et collectifs. Plus d’un quart de siècle de lutte pour la liberté d’expression et pour la transparence des élections.

    Comme tout être humain, je demande à être entendu, jugé sur des actes vérifiés et donc probants et non sur des rumeurs sans fondement.
    Les Sénégalais exigent tout naturellement des réalisations palpables et concrètes, source d’espoir et de confiance en l’avenir. En ce qui me concerne, dans la quotidienneté des missions gratifiantes mais ô combien difficiles, je m’attèle, en permanence, à servir le Sénégal en accompagnant mes sœurs et frères vers une meilleure qualité de vie.
    J’ai choisi la difficulté, en refusant le scénario de la facilité. J’ai accepté les missions qui m’ont été confiées jusque-là, pour avoir l’opportunité de mieux servir mon pays.

    Le travail nous occupe nuit et jour et nous sommes conscients qu’il reste beaucoup à réaliser encore, pour la création des emplois, la réduction du coût de la vie, l’éradication de la pauvreté, l’accès aux logements sociaux, la construction d’infrastructures, un meilleur environnement pour la compétitivité de nos entreprises pour l’émergence définitive du Sénégal du futur. A côté des millions de Sénégalais, nous participons quotidiennement à relever le défi.

    Je vis pleinement, tout comme l’ensemble des responsables de ce pays, la double préoccupation majeure de la solution définitive au récurrent problème de la fourniture régulière et suffisante de l’électricité dans les ménages et les entreprises ainsi que l’amélioration quantitative et qualitative du panier de la ménagère.

    Lors des événements passés, il n’y a certes pas eu mort d’homme, mais il faut sincèrement déplorer, vivement regretter et fermement sanctionner les scènes de pillages, les actes de banditisme et de profanation des lieux de culte. Nous avons le droit de manifester ; mais nous n’avons pas le droit de saccager les biens d’autrui encore moins de piller.

    Nous avons la profonde conviction que la démocratie sénégalaise en sortira toujours grandie et renforcée. Désormais, il y a un avant et un après 23 juin. Ce message ne peut être ignoré ni par le pouvoir, ni par l’opposition. Notre formation politique, le PDS, et nos alliés ne peuvent faire autre chose que de consolider les acquis démocratiques de Léopold Sédar Senghor, d’Abdou Diouf et de Me Abdoulaye Wade.

    N’en déplaisent aux magiciens de la désinformation, aux adeptes de la propagande politique, aux manipulateurs de l’opinion publique nationale et internationale, nous disons avec force et conviction que le sentiment démocratique est très fort ici. Chez nous, il n’y a qu’un seul et unique chemin pour accéder au pouvoir : celui des urnes. Au Sénégal, en France, en Angleterre, aux Etats-Unis et dans toutes les démocraties, le pouvoir ne s’hérite pas, il se conquiert par la voix des urnes.

    En conclusion, il nous faut renouveler notre ambition pour le Sénégal, en compagnie de citoyens simples et droits, courageux et travailleurs, issus des centres urbains, de la banlieue et des zones rurales et avec tous les millions d’hommes, de jeunes et de femmes qui nourrissent autant d’amour et de passion pour notre cher Sénégal.
    Fait à Dakar, le 03 juillet 2011
    Karim Wade

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