Affaire des maisons de la Cité Tobago…Abdoul Mbaye avait prévenu le ministre l’intérieur…Et Macky était au courant

Au rythme où vont les révélations sur les négligences coupables de l’Etat, dans l’affaire des démolitions de constructions sur la zone mitoyenne de l’aéroport, il semble qu’on s’achemine tout droit vers un «Tobagogate». Et pour cause, les pouvoirs publics, qui ont envoyé les bulldozers pour raser les maisons en question, étaient alertés depuis le 1er mars 2013 sur cette affaire.
Ce jour-là, dans une lettre confidentielle adressée par l’ancien Premier ministre Abdoul Mbaye au ministre de l’Intérieur, Pathé Seck, le chef de gouvernement du premier gouvernement de Macky Sall attirait son attention sur «la prolifération de nouvelles constructions irrégulières dans l’emprise des 350 mètres, bordant la piste principale de l’aéroport».

courier abdoul mbaye

Mieux, dans cette correspondance épistolaire dont nous détenons copie, M. Mbaye donnait des directives au ministre de l’Intérieur, en ces termes : «je vous demande de bien vouloir faire prendre en urgence les mesures nécessaire à la mise en œuvre du Groupe Opérationnel Mixte, objet de la lettre en référence, conformément à la requête de votre collègue (Ndlr : le ministre chargé de urbanisme et de l’habitat, Mme Khoudia Mbaye) formulée dans sa lettre du 19 février 2013.» Après avoir accusé réception de la missive de M. Abdoul Mbaye, les services du ministère de l’Intérieur et ceux du ministre de l’urbanisme, ampliataire de la lettre, au même titre que le président de la République, ont activé leurs structures habilitées à en assurer le suivi (voir fac similé). Mais, deux ans après, les autorités ont donné l’ordre de démolir les constructions… Au-delà du scandale et de la forfaiture, nous voulons interpeler les pouvoirs publics qui, non seulement, ont laissé construire, mais ont assuré les services vitaux comme l’eau, l’électricité, le téléphone, par le truchement de la Sde, de la Senelec, de la Sonatel. Par ailleurs, les autorités de l’aéroport, étaient-elles au courant ? Ont-elles été abusées ? Ont-elles laissé faire ? Pour l’instant, aucune réponse claire n’a été donnée aux victimes, mais aussi à l’opinion qui attend d’être édifiée dans cette ténébreuse affaire. Quid du Premier ministre Mohammed Dionne ? A la lecture des réponses qu’il a données aux députés, mercredi dernier, à l’Assemblée nationale, il semble qu’il n’a pas reçu la bonne information. Ce que les victimes n’ont pas manqué de lui souligner, non sans avoir précisé que les attributaires de terrains avaient déboursé entre 10 et 15 millions de francs, et que certains d’entre eux avaient déjà construit leurs maisons…
Pour l’instant, l’Etat semble pris dans son jeu ponctué par des actes de maladresses, d’incohérence et de contrevérités. C’est pourquoi les organisations de la société civile exigent le dédommagement intégral des victimes, compte non tenu des poursuites contre tous les fautifs dans cette affaire. Autrement dit, au nom de la continuité de l’Etat, que les successeurs d’Abdoul Mbaye (Mimi Touré), de Pathé Seck (Abdoulaye Daouda Diallo) et biens d’autres rendent des comptes. Sinon, le coup de balai qui a emporté le préfet de Dakar Alioune Badara Diop, le directeur de l’Urbanisme et de l’architecture Oumar Sow, le Directeur régional de Dakar des Impôts et des Domaines Mouhamadou Sy, l’Agent judicaire de l’Etat Aissé Gassama Tall, pourrait été interprété comme un simple coup d’épée dans l’eau.
Rewmi